La restauration du triptyque : une approche pluridisciplinaire pour un objet composite
Les cahiers du Musée de la Renaissance, n°3- Le triptyque aztèque de la crucifixion- RMN
2004
Ce triptyque en plumasserie est un objet composite, constitué d’une grande variété de matériaux organiques. Les plumes, le bois, la peau, et des fibres végétales constituent l’ensemble de sa structure. Ces différents éléments sont reliés ensemble par des colles animales et végétales. On observe aussi, dans une moins grande part, des éléments décoratifs métalliques ( feuilles d’or, ferrures). En termes de conservation, une des caractéristiques de ce triptyque en plumasserie tient à ce qu’il est constitué d’un grand nombre de matériaux particulièrement sensibles aux agents connus de dégradation, qu’ils soient issus de l’environnement, comme le climat lorsqu’il est inadéquat, la lumière, les poussières et les polluants, les infestations (insectes ou moisissures) ou issus des habitudes liées à son usage, comme les manipulations, la présentation, le transport…Cette vulnérabilité explique en partie son état de conservation actuel, mais les différentes interventions de restauration subies à différents moments de son existence le fragilisent aussi. Tel qu’il apparaissait avant sa restauration, les dégradations, qui affectaient différents éléments du panneau – usures, empoussièrement, décoloration, décollements, ruptures et repeints, mettaient en danger sa conservation et altèraient sa lisibilité. Il n’en demeure pas moins, qu’il est remarquable que cet objet fragile soit parvenu jusqu’à nous dans une relative intégrité.L’intervention de restauration qui a été conduite avait comme objectifs de restituer une lisibilité à l’objet, lisibilité de son histoire matérielle et lisibilité de sa spécificité technique et esthétique, porteuse de la double influence des traditions aztèque et occidentale, et de mettre en œuvre les moyens visant à assurer sa conservation.